Les chroniques de Gilbert – Libérez la confiance

« La confiance se gagne, elle ne se donne pas », un adage entendu de très nombreuses fois et qui en dit long sur la nature humaine. L’homo sapiens serait-il toujours cet animal isolé dans la jungle des autres, au sein de laquelle il doit avec discernement choisir ses amis ?

Dernièrement mandaté pour refondre l’organisation du travail au sein du back-office d’une banque, et cherchant à rendre le personnel plus mobile spatialement, je me suis heurté aux managers de proximité. N’ayant plus en permanence les salariés sous leurs yeux, rivés à leur poste, il semblait alors impossible à ces managers de garantir la performance attendue … oubliant d’ailleurs que ce n’est pas parce qu’un salarié est derrière son écran qu’il travaille et qu’il est performant …
Et si le sujet portait avant tout sur la confiance ?

Un environnement tout autre … Dans une Biotech en refonte profonde, l’analyse de tous les processus nous conduit à traiter le sujet du pointage quotidien du personnel. Comment contrôler, en effet, si le personnel ne pointe pas ?
En réalité, ne faudrait-il pas plutôt se demander : pourquoi contrôler si le personnel est présent et respecte les règles ?
Confiance encore !

Ailleurs, enfin. Cette organisation matricielle proposée dans un Laboratoire laisse les cadres dirigeants perplexes. En effet, l’habitude de la voie hiérarchique et du tout contrôle force à s’interroger sur la façon de fonctionner, sans être uniquement dans un mode hiérarchique fondé sur le pouvoir.
Confiance toujours !

Les exemples pourraient être multipliés … Ils témoigneraient tous de la même difficulté : comment bâtir la confiance dans un univers professionnel qui s’est construit sur le contrôle ? Les conditions de la confiance y sont pourtant assez simples à poser : s’accorder sur le sens de la mission, sur  la compréhension de la responsabilité de chacun et sur le niveau de compétence minimal. Une fois ces conditions remplies, il devient possible, alors, d’entrer dans la relation en accordant  sa confiance a priori et en reportant le contrôle, seulement a posteriori. Car oui, c’est prouvé, en moyenne 3 % des personnes ne respectent pas les règles du jeu et c’est en majorité pour elles que la pléthore des contrôles a priori a été établie.  Seulement 3%, qui sont généralement bien identifiées au sein de l’organisation ! Ne serait-il pas préférable de s’appuyer sur un courage managérial fort s’adressant directement aux intéressés, plutôt que de pénaliser tous les acteurs par une organisation contrôlante ?

Il est clair que, ni dans le contrat de travail, ni dans les règlements intérieurs qui régissent nos entreprises, le sujet de la confiance n’est abordée. Ne devrait-on pas enfin la mettre en avant et bâtir autour de ce principe un nouveau système totalement inverse, dégageant des énergies et des idées nouvelles et permettant d’accéder à des niveaux de  performance et d’innovation jamais atteints ?

Bienvenue dans un nouveau monde qui inverse le paradigme en imposant cet adage  plus moderne : « la confiance se donne a priori, et ne doit pas se perdre ».

Bienvenue donc dans ce monde plus souple où tout est fait pour libérer la confiance !

Président de Proconseil
Passionné par les organisations, je les ai accompagnées pendant mes trente années de conseil. Sur ce blog, j'explore sans contraintes différentes facettes de la responsabilisation, de l’autonomie, et de la libération.
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One Response to Les chroniques de Gilbert – Libérez la confiance

  1. Bonjour,
    J’aimerais moi aussi voir davantage de confiance en entreprise. Discuter clairement de la mission commune, et des attentes de chacun me paraît un bon élément. Mais pas suffisant. Je vois deux difficultés à dépasser :

    – Beaucoup de personnes ont perdu le « sens » au travail. Comme l’avait indiqué l’étude de l’institut de sondage américain Gallup, seuls 13% des salariés étaient « engagés » dans leur travail en entreprise en 2013. Alors je pense qu’une question à se poser est : comment aider chaque travailleur à redonner du sens à ce qu’il fait ? A la fois à niveau individuel (son rôle dans le projt global) et collectif (son adhésion à la missino globale). S’il n’adhère pas à la mission, doit-il quitter l’entreprise pour autant ? Ou peut-il se donner sa propre mission à un niveau plus étroit ? (par exemple : rendre les gens de mon entreprise heureux en leur souriant quand ils passent à la caisse de la cantine, quelle que soit la mission de l’entreprise).

    – Je crois aussi que le manque de confiance n’est pas uniquement le fait des entreprises et des managers. J’observe de nombreuses preuves de manque de confiance « a priori » dans autres domaines que le travail. Par exemple, lorsque j’avais décidé de voyager seule, on m’avait mise en garde contre les violeurs et tous les autres « méchants » que je pourrais rencontrer sur mon chemin. Sur un autre sujet, une fois, alors que je travaillais dans un café, j’ai entamé une discussion avec une jeune fille qui, comme moi, travaillait sur ordinateur. Après quelques questions, elle m’a demandé « Mais vous faites une enquête ?! », alors que j’essayais simplement de m’intéresser à elle. La méfiance envers les autres est un comportement généralisé. En tout cas en France. La question est alors : comment apprend-on aux gens à faire confiance ? Et à apprendre à « survivre » et réagir quand les 3% de personnes indignes de confiance ont effectivement fait quelque chose de reprochable ? Dans le cadre de l’entreprise, la question serait simplement « Comment apprendre à faire confiance ? »

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